« Une carte postale du bonheur  » de Cristina De Amorim

9791096486137

Autrice : Cristina De Amorim

Editeur : Seramis

Parution : Mars 2018

Nombre de pages : 480

 

Genre : témoignage

Note : ♥♥♥♥♥

Juliette vit depuis neuf ans avec un mari qui ne la fait plus rêver. Amoureuse de l’amour, elle le vit désormais par procuration en lisant Jane Austen et en élevant son petit garçon de cinq ans. Mais, à quinze jours de fêter son trentième anniversaire, Juliette suffoque et ne parvient plus à faire semblant. Elle décide de demander le divorce. Quand son mari quitte le domicile familial, Juliette se retrouve plongée dans un état de fragilité et de confusion totale. Thomas débarque alors dans sa vie sans crier gare. Par ses attentions, ses cadeaux et sa présence parfois oppressante, il se rend rapidement indispensable. C’est le début d’une histoire d’amour qui ne va pas tarder à se transformer en une véritable descente aux enfers. En l’espace de quelques mois, Juliette se métamorphose pour devenir une personne qu’elle n’a jamais été : soumise, dépendante, à la recherche d’un physique qui n’est pas le sien. Thomas surveille non seulement son poids, mais aussi ses tenues, ses mails et le moindre de ses mouvements.

Ses amis ont beau l’exhorter à fuir cet homme qu’ils qualifient de pervers narcissique, Juliette ne veut rien entendre. Elle veut croire au bonheur et revient même sur sa décision de ne pas avoir d’autre enfant. À la naissance de son deuxième garçon, il lui faudra pourtant puiser dans ses dernières ressources pour ne pas sombrer définitivement et entamer un combat qui laissera des traces, indélébiles.

J’avais vraiment envie de découvrir la plume de Cristina et son histoire. Une histoire qui me parle beaucoup car elle peut toucher les hommes comme les femmes qui peuvent vivre ou se sentir embarquée dans une relation dite « toxique ».

Ce roman n’en est pas un. Ce roman est un déclic un moyen de comprendre les personnes pervers et narcissiques.

Dans ce livre, j’ai ressenti la présence constante de Thomas dans l’attitude de Juliette. Juliette se dégrade. Juliette culpabilise. Juliette meurt à petit feu. Pourtant Juliette avait, a l’air d’être une battante et une personne joyeuse. Juliette est juste amoureuse. Juliette reçoit toute l’affection qu’elle n’a soi-disant pas eue de sa mère.  L’adage qui dit que « L’amour rend aveugle et muet » est vraiment bien ancré dans ce roman.

Pourtant en tant que lectrice, j’avais envie de lui dire « barre-toi de cette histoire, c’est trop beau pour être vrai ». Facile à dire pour les personnes qui gravitent autour d’elle et autour de nous (famille, amis…) mais tant que le déclic n’est pas là, rien ne peut se passer.

Juliette prend sur elle. Elle se dit que Thomas a raison. Thomas sait, Thomas la comprend. En fait, Thomas comprend sa faille et en joue pour se sentir indispensable à ses yeux et pour que les autres personnes (voisinage, famille du pervers, …) pensent que c’est elle le problème. Thomas est une personne imbue de sa personne  » moi, je, mon fils, mon travail ». Même les reproches que Thomas lui inflige, Juliette ne les comprend pas, elle pense que c’est pour son bien.

Il y a aussi dans ce roman des moments où j’ai bien rigolé. Surtout le coup de la psychologue hippie. Elle est vraiment loufoque et ne me donne pas envie de la consulter. Mais elle est bien marrante avec son « thé fumé ».

« […] La vie m’a donné une deuxième chance et je la savoure chaque jour. Les petits soucis du quotidien ne parviendront pas à pénétrer dans ma bulle d’ataraxie.
Ça y est, elle a encore fumé.
« Assieds-toi. Une tasse de thé ? »
Allez, pourquoi pas, si ça me fait planer autant qu’elle »

J’ai apprécié la psychiatre, qui a permis à Juliette de reprendre un peu du poil de la bête. Elle a pu mettre des mots et déculpabiliser Juliette sur son état de santé physique et psychologique.

Un autre personnage qui va indirectement ouvrir les yeux à Juliette est son fils, Tom. Un petit bonhomme, de six ans, qui réfléchit vite et bien. Dans une relation dite « toxique », les personnes collatérales sont aussi touchées par ces relations. Ils essayent de faire du mieux qu’ils peuvent mais ne font pas percevoir leurs doutes, leurs craintes par peur de ne pas être entendu. Tom prend soin de sa mère mais, il souffre profondément de cette situation familiale.

Ce roman est bouleversant de vérité. La vie de Cristina est un combat qu’elle a su mener à bien. Ce roman est un booster. Un roman qui ouvre les yeux. Un roman qui nous fait pousser des ailes.

Merci Cristina et merci aux éditions Seramis qui nous ont permis de la découvrir et de connaître son histoire. Une autrice à suivre. Elle nous fait ressentir ses émotions, ses angoisses et son humour grâce à la fluidité de ces mots.

postale

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