[J’ai lu]  » 𝓜𝓸𝓷 𝓹è𝓻𝓮  » de Grégoire Delacourt

#aviscontemporain

Capture d’écran (10)J’avais découvert cet auteur en lisant « La femme qui ne vieillissait pas« . Je découvre sa plume dans un autre registre encore plus tragique. C’est un auteur qui ne mâche pas ses mots et ses idées.

Dans ce roman nous sommes plongé dans un face à face avec un père et un autre Père (un prêtre) ce dernier vient d’apprendre que son fils Benjamin a été abusé sexuellement par un homme d’église. Quand il découvre cette atrocité il va tout détruire dans l’église où le prêtre a fait office. La vengeance est démise pour son fils. Il cherche la rédemption et surtout la vérité.

Un roman impressionnant, un roman bouleversant qui tient en haleine de la première à la dernière page. Impossible de le lâcher je l’ai lu en trois heures tellement j’étais dans l’attente du « jugement dernier ». Mais quelle claque je me suis prise lors du dénouement. Waouh! Grégoire Delacourt envoie du lourd dans ce roman. Les affaires de sévices sexuels passées sous silence et la façon dont les bourreaux sont juste mis en garde et renvoyés à des kilomètres pour éviter d’ébruiter ces faits. Un roman fort et tenace. Un goût amer que cette lecture. Une lecture poignante sur le père et l’abomination d’un Père d’église.

Une histoire tellement révélatrice du silence qu’on tue auprès des enfants. Un silence qui détruit. Une vengeance d’un père contre un père pour libérer tous les non-dits des violeurs ecclésiastiques. Un père qui essaye de libérer cette emprise qu’a subit Benjamin et surtout de mettre au grand jour et dénoncer les pratiques sexuelles des gens d’église. J’ai eu un coup de cœur pour ce huis-clos qui se déroule en trois jours.

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Ce livre est bouleversant concernant le prêtre et en même temps touchant concernant l’histoire du père d’Édouard qui n’a pas voulu perpétrer ce que son propre père faisait. Son père n’était pas câlin, il était boucher et il avait honte de ses mains qui dépeçait la viande, alors que Édouard est un père très proche mais qui n’a pas réussi à voir la souffrance que son fils engendrait chez les jésuites. Un roman intimiste et sociétal. Il est donc question de vengeance et de pardon.

Grégoire Delacourt est un écrivain qui a les couilles d’écrire ce qui est caché et tue. Un auteur que je vous recommande si vous ne le connaissez pas.

Un vrai coup de cœur pour sa plume et pour son investissement et qui donne la parole à ceux qui se taisent. Un livre dur, touchant et révoltant à la fois.
Note : ♥♥♥♥♥

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Auteur : Grégoire Delacourt
Parution : Février 2019 • Éditeur : JC Lattès
Genre : Contemporain • Pages : 256
Prix : 18 €

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Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos Rois.

Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?
G.D.

À bientôt pour une nouvelle chronique.cropped-screenshot_20180618-145515554939271.jpg

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